Les réseaux de transport recrutent, et la conduite reste un métier très masculin : dans les réseaux urbains, les femmes représentent 17,8 % du personnel de conduite. Dans le même temps, 68 % des projets de recrutement de conducteurs de transport en commun sur route sont jugés difficiles. Parmi les conditions de travail qui comptent pour attirer et garder les conductrices, l’accès aux sanitaires revient avec constance.

Appli JUST WC : fiche d'un lieu partenaire avec ses horaires et ses équipements

Chaque lieu partenaire a sa fiche dans l’appli : horaires d’accès et équipements, comme un WC femme séparé.

Ce que disent les travailleuses des transports

Fin 2019, la Fédération européenne des travailleurs des transports (ETF) a interrogé 2 770 femmes travaillant dans les transports en Europe. 23 % citent les questions sanitaires parmi les principaux problèmes de leur lieu de travail, et une sur trois n’est pas satisfaite des conditions sanitaires dont elle dispose.

Pour une conductrice, la question ne se limite pas à trouver un WC. Il faut un lieu propre, qui ferme, avec un point d’eau, accessible pendant une pause de quelques minutes, y compris tôt le matin et tard le soir. Les besoins liés aux règles, à la grossesse ou à la ménopause rendent ces critères indispensables. Le syndicat britannique Unite le relève dans son étude de 2025 sur les lignes de bus : les femmes rencontrent des difficultés supplémentaires.

Boire moins pour ne pas avoir à chercher

Faute de solution, beaucoup s’adaptent en buvant moins pendant le service. Un conducteur nous l’a résumé en trois mots : « J’évitais de boire. » Les conductrices et conducteurs interrogés par Unite décrivent la même stratégie, surtout la nuit, quand les sanitaires publics sont fermés.

Ce que les réseaux peuvent faire

  • Recenser les terminus et les créneaux sans solution, en partant des horaires réels de service.
  • Associer des conductrices et le CSE au choix des lieux : propreté, accueil, éclairage, sentiment de sécurité.
  • Prévoir plusieurs lieux par terminus pour couvrir l’amplitude, du premier au dernier service.
  • Rendre l’information simple : une carte à jour, avec les horaires, les codes et les consignes.
  • Suivre dans la durée : retours des équipes, signalements, remplacement d’un lieu qui ferme.
« C’est bien pour les équipes, ça va faciliter le recrutement. »Un directeur d’exploitation

L’accès aux sanitaires ne suffit pas, seul, à rendre un métier attractif. Mais son absence pèse au quotidien, et les travailleuses des transports le citent elles-mêmes parmi leurs conditions de travail. C’est un chantier concret, à la portée de chaque réseau.

Sources : UTPF, bilan social des transports urbains 2024 (édition 2025). France Travail, enquête Besoins en main-d’œuvre 2025, reprise dans le rapport 2025 de l’OPTL. Fédération européenne des travailleurs des transports (ETF), enquête auprès de 2 770 travailleuses des transports en Europe, octobre et novembre 2019, résultats publiés en 2020. Unite the Union, étude de 420 lignes de bus au Royaume-Uni, 19 novembre 2025.